Comment pardonner à un manipulateur pervers narcissique ?

Une croix et deux mains tendues, image Géralt Pixabay

Le pardon

Définition

Le pardon est un acte d’amour envers nous-mêmes pour nous permettre d’accepter les blessures causées par un manipulateur pervers narcissique (MPN) et de les soigner pour atteindre la guérison. Pardonner à un MPN signifie que lorsque nous pensons aux offenses subies de sa part, nos réactions émotionnelles ont complètement disparu.

A quoi sert le pardon ?

Il sert à nous reconnecter à nous-mêmes, à « Notre moi intérieur » que nous avions oublié. Nous reconnaissons dans le pardon que la faute existe et qu’elle nécessite systématiquement une certaine humilité de la part de l’offenseur. Accepter de pardonner sert à éviter des échecs sentimentaux à répétition.

Pourquoi pardonner au MPN ?

Lorsque nous sommes dans les souffrances, la colère puis la culpabilité, le pardon envers cet être toxique n’est même pas envisageable.

Pardonner au MPN est nécessaire pour éloigner de nous l’envie de nous venger et de nous rabaisser à son niveau. En pardonnant au MPN, les chaînes de la vengeance tombent et nous permettent de nous focaliser sur le présent puis sur l’avenir tout en acceptant le passé vécu avec ce dernier sans pour autant oublié le mal subi.

Le pardon est synonyme de …

Cicatrisation 

Le pardon est le souvenir d’avoir été blessé mais aucune réaction émotionnelle ne subsiste dans notre cœur. A ce moment précis, la blessure est cicatrisée et nous sommes guéris tout en nous souvenant des faits de l’offense envers nous. En aucun cas, il ne s’agit d’oublier, ni d’enfouir la blessure pour avoir un semblant de paix.

Responsabilité de nos actes

Il est indispensable que chacun d’entre nous assume ses responsabilités. En effet, excuser une faute ou minimiser un acte blessant de la part du MPN est irresponsable. Toute erreur et toute blessure nécessitent obligatoirement une demande de pardon. Pardonner ne s’accorde pas sur une simple phrase, « Allez on oublie tout, je m’excuse.  Ou, on efface tout et on recommence. » Pardonner à un MPN nécessite de nombreux mois.

Liberté de pardonner.

Le MPN doit respecter notre liberté de pardonner ou non. S’il nous contraint de le faire, le schéma de manipulation est à nouveau enclenché. Nous devons impérativement nous affirmer devant cet être toxique. Si le pardon de notre part est obtenu trop rapidement, il recommencera et à nouveau, aura la victoire sur nous.

Applications de nos droits.

Dans certaines situations orchestrées par le MPN ou être toxique, il est impératif de saisir la justice pour nous protéger tout d’abord puis faire valoir nos droits pour nous-mêmes et nos enfants en cas de divorce. Le MPN peut jouer sur « notre corde sensible » en se portant en victime. Cessons immédiatement cette mascarade. Le pardon n’exclut nullement de porter plainte en cas de dangers physique, psychologique et émotionnel.

Changement en nous, pas chez l’être toxique.

Le pardon nous permet de nous libérer de tous les fardeaux du passé avec le MPN. Mais ce dernier ne changera pas forcément. Peut-être, aura-t-il une lueur de lucidité dans son esprit ? Difficile à dire. En accordant le pardon au MPN tout en espérant que sa conduite change, c’est le forcer à quelque chose (et donc chercher à le manipuler) qui ne souhaite peut être pas au fond de son cœur.

Choix de nous réconcilier ou non.

La réconciliation et le pardon ne sont absolument pas identiques. Nous pouvons pardonner sans pour autant nous réconcilier contrairement à ce que nous entendons autour de nous.

La relation avec le MPN a été construite sur le dénigrement de la personnalité de la victime qui a pu parfois conduire à une dépression voire une tentative de suicide. Même avec la meilleure volonté du monde, il paraît difficile de reconstruire un bonheur sur des ruines et sans confiance.

Les étapes du pardon envers le MPN.

Pour pardonner à un MPN, il est judicieux d’en être éloigné afin de nous retrouver avec « nous-mêmes. » Ce qui équivaut de décider à ne plus souffrir. Sinon, la présence du MPN empêchera le processus du pardon.

Admettre que nous avons été blessées.

Pour reprendre le pouvoir sur notre vie, nous devons admettre notre blessure occasionnée par le MPN. Cette reconnaissance envers nous-mêmes évitera d’enfouir les blessures dans l’inconscient pour un jour, les ressortir violemment.

Partager notre blessure avec quelqu’un de confiance ou un professionnel.

Nous confier à une personne de confiance peut nous aider à surmonter nos émotions. Mais le professionnel est préférable par ses compétences d’écoute attentive où nous pourrons nous exprimer sur notre culpabilité, notre colère, notre envie de nous venger et vider notre cœur broyé.  

Le thérapeute ou le psychologue nous demandera d’essayer de comprendre le MPN. Pas pour l’excuser, non. Mais pour nous rassurer sur notre culpabilité et mieux cerner les faiblesses et les souffrances du MPN. Ainsi, peut-être, la décision de lui pardonner sera plus évidente en nous et pour nous.

Nous donner de l’amour.

Pour restaurer notre confiance et notre estime de nous-mêmes, il est primordial de nous parler avec beaucoup de douceur et avec amour afin de nous encourager dans cette douleur. Révélons à « notre moi » que nous valons bien mieux ce que nous vivons ou avons vécu avec le MPN et que c’est normal de nous protéger contre ce dernier.

Découvrir nos forces dans nos faiblesses.

Nous venons de découvrir que nous sommes faibles. Faibles d’être trop gentilles, trop patientes, trop ceci, trop cela.

Mais derrière ces soi-disant faiblesses et cette blessure d’offensée se cachent nos forces. Identifions-les pour nous rassurer et nous encourager à repartir sur le chemin de la vie.

Cessons la culpabilité et pardonnons-nous.

La culpabilité et le pardon envers nous-mêmes ont déjà été évoqués dans un article sur mon site internet.  Appliquons les étapes pour nous sortir de l’enfermement causé par la culpabilité et le manque de pardon pour comprendre ce qui a été touché à l’intérieur de nous.

Prendre notre temps pour pardonner au MPN.

Les souffrances causées par le MPN nous ont anéanties. Pardonner facilement est une utopie. En effet, pour pardonner au MPN, nous devons être guéries intérieurement. Mais nous possédons toutes les ressources nécessaires en nous pour rebondir et reprendre en main notre vie dans le calme intérieur.  Le MPN n’est pas obligé de savoir que nous lui avons pardonné. C’est préférable d’ailleurs car il prendrait ce pardon pour de la faiblesse et se donnerait l’autorisation de revenir dans notre vie.

Les conséquences du non pardon.

Refus de nous aimer.

En refusant de pardonner au MPN, nous agissons de la même manière que lui. Nous préférons choisir de nous envoyer de la haine et de la vengeance dans notre cœur pour nous prouver que nous maîtrisons la situation. Or, en refusant de remplacer ces sentiments venimeux par de la douceur et de l’amour, le lien subsiste entre le MPN et nous-mêmes.

Développement de maladies.

Le non-pardon envers le MPN entretient le ressentiment dans notre cœur et nos pensées face aux événements du passé. Ainsi, plus nous ressassons les violences subies, plus nous risquons de développer du stress et de l’agressivité envers nous-mêmes et notre entourage. Pire, ce stress et cette agressivité accumulés se transformeront en une dépression ou autres maladies comme l’hypertension ou l’arthrite.

La victimisation

Pour prouver à notre entourage, combien notre cœur a été meurtri par le MPN, nous préférons rester victime. C’est le seul moyen que nous avons trouvé pour que notre famille, nos amis s’occupent de nous. Mais en nous comportant de cette manière, nous pourrissons notre vie et de surcroît celles des autres et favorisons la rencontre d’un nouveau MPN.

La blessure enfouie.

Parfois, pour vivre en paix, du moins, un semblant de paix, nous préférons nous dire et à notre entourage également que « C’est fait, j’ai pardonné. » Dire cette phrase calme notre mental mais pas notre cœur. C’est ainsi que la blessure se trouve enfouie dans notre inconscient. Et cette blessure enfouie nous empêchera de vivre chaque instant présent avec joie et de nous projeter dans l’avenir.

Le triangle de Karpman.

Le MPN a joué les trois rôles du triangle de Karpman : victime, sauveur, bourreau. Quant à nous victimes, nous avons accepté d’interpréter au moins deux rôles : victime et sauveur.

Le non-pardon envers le MPN peut nous entraîner à devenir comme lui et du coup interpréter le rôle du persécuteur.

Pour éviter de nous complaire dans le triangle maudit de Karpman et de nous laisser mourir, nous devons faire ressortir la blessure pour la guérir avec une aide psychologique ou thérapeutique. Ainsi, nous passerons de la mort à la vie.

Conclusion

Pardonner au MPN va libérer nos pensées et notre cœur du passé émotionnel, psychologique voire physique subi. Ce travail effectué nous indiquera que nous sommes sur le chemin de vivre un nouveau chapitre en étant plus résistantes face à la vie. Dans le cas contraire, nous resterons mortes et surtout liées à tout jamais au manipulateur pervers narcissique.

Débora De Nicolle, auteur du livre « La victoire de Clarine sur le manipulateur pervers narcissique ».

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

*