Apprivoiser la blessure d’abandon. (2)

Un nounours assis seul sur un banc et un texte écrit en noir sur un tableau blanc.
Image de Sunny Hoper Pixabay.

La blessure d’abandon, tout le monde en souffre, sauf ceux et celles qui ont appris à l’apprivoiser. Vouloir nous en débarrasser fait partie du domaine du rêve.

En effet, la Vie nous impose souvent des situations de solitude ou de pertes appuyant fortement sur cette cicatrice. Pour éviter d’en souffrir, soyons courageuses et courageux et décidons de domestiquer celle qui pourrit notre être intérieur et nos relations avec autrui. Dans ce deuxième article, seront expliqués les raisons et les bienfaits d’une bonne gestion de cette blessure ainsi que comment l’apprivoiser.

Rappel de la définition de la blessure d’abandon.

Une blessure d’abandon est une plaie non cicatrisée vécue durant l’enfance par le parent du sexe opposé entraînant une mauvaise perception de nous-mêmes (faible estime de soi) et une perception erronée des événements. (Conviction de ne pas être aimées).

Pourquoi savoir la gérer est primordial ?

Savoir la gérer est capital pour les raisons suivantes :

  • Nous aurons toujours des moments d’abandon (Perte d’emploi, d’un être cher, rupture) dans notre vie et donc c’est une utopie de croire qu’elle peut être guérie.
  • C’est une blessure fondamentale de l’âme qui attire toutes situations réveillant le sentiment d’abandon jusqu’à la meilleure gestion de celle-ci.
  • Admettre cette blessure est déjà un engagement vis-à-vis de nous-mêmes pour nous libérer de ses liens.

Les bienfaits d’une bonne gestion.

Lorsque nous dominons la cicatrice d’abandon, nous vivons beaucoup plus en accord avec notre être intérieur.

En effet, nous apprécions notre compagnie car nous possédons une maturité émotionnelle et psychologique en sachant combler notre emploi du temps de la manière dont nous le souhaitons.  

C’est ainsi qu’en étant indépendante et autonome dans nos décisions, nous nous jaugeons à notre juste valeur, donc une estime de soi plus humble et connaissons nos capacités à rebondir lors de coups durs.

Si nous avons besoin de la solitude pour recharger nos batteries, nous aimons retrouver nos complices pour discuter autour d’un verre.

Notre saine affirmation de soi nous permet d’effectuer de nouvelles rencontres sans avoir peur de la déception ou de la trahison sachant pertinemment que si nous perdons des amis, la Vie nous en fera rencontrer d’autres.

Autrement dit, apprivoiser la blessure d’abandon est un atout formidable pour développer notre vie personnelle et professionnelle.

Comment apprivoiser la blessure d’abandon ?

Ce travail peut se faire seule mais aussi en compagnie d’un thérapeute ou d’un psychologue. Mais dans les deux cas, l’apprivoiser demande du temps et de la patience. Voici quelques indications lorsque celle-ci surgit.

1.La reconnaître et l’accepter.

En effet, la reconnaître et l’accepter, c’est d’arrêter de nous mentir, de faire semblant alors que nous sommes dépendants. L’approuver c’est faire taire notre ego qui nous dit que tout va bien malgré nos obligations à nous adapter à notre état limitant.

2. Nous concentrer sur notre respiration.

Pour revenir à un état de calme et de paix, fermer les yeux et nous concentrer sur notre respiration. Une fois l’esprit plus serein, il est temps de faire un bilan sur la crise, sur nous-mêmes et sur notre vie.

3.Identifier les symptômes qui l’accompagnent.

Il s’agit de mettre des mots sur des maux sans aucun jugement de notre part, ni de l’entourage.

Quels sont les manifestations ? Est-ce un vide intérieur, des pleurs, une solitude insupportable, une mauvaise estime de soi entraînant de l’automédication voire peut-être une tentative de suicide ?

4.Remercier la Vie pour les souffrances.

 En ayant de la gratitude envers la Vie ou Dieu selon nos convictions, elle nous donne l’occasion de nous poser des questions utiles consciemment afin de nous éloigner peu à peu de cette blessure.

5.Prendre du recul et repérer l’élément déclencheur.

Des pensées sur le passé, une rupture sentimentale, une perte d’emploi, un deuil ? Noter ce qui s’est réellement passé sans nous condamner. Nous sommes tous des êtres humains imparfaits.

6.Nos réactions pendant cette crise.

Nous pleurons, nous crions, nous nous affolons au point d’appeler des amies au téléphone, nous mangeons, nous fumons, nous buvons, nous utilisons des médicaments ou de la drogue pour nous calmer ?

Ecrire nos ressentis internes et nos comportements sur un cahier et sans aucune culpabilité. Beaucoup subissent la blessure d’abandon sans l’avouer.

7.Nous concentrer sur notre solitude.

Elle doit être vécue de notre plein gré. Sinon, elle provoque un sentiment d’abandon avec des réflexions telles que « personne ne m’aime » « Je suis une ratée ».

Nous devons réfléchir aux choix effectués sur notre isolement. Est-ce par obligation, par envie ou par repli sur nous-mêmes ?

Puis nous concentrer sur les différentes manières de combler ce qui apparaît à nos yeux comme un délaissement.

Enfin, lire l’article sur ce même site « Mieux vivre notre solitude » pour éviter de la subir.

8.Déterminer nos priorités ?

En cherchant toutes les ressources en notre être intérieur, cela nous oblige à nous positionner sur nous-mêmes.

Pour nous aider à repérer nos préférences, répondre à toutes les interrogations ci-dessous par écrit en développant les réponses.

Qu’est-ce que nous voulons vivre réellement dans notre vie ? Quelles sont nos valeurs ? Par quoi, pouvons-nous remplacer notre dépendance ? Quels sont nos loisirs, nos passions ?

Ensuite, installer dans notre quotidien des actions cohérentes avec nos observations.

9.Des pistes libératrices.

Pour apprivoiser la blessure d’abandon, il est primordial d’effectuer un grand nettoyage intérieur pour retrouver la Paix en nous examinant.

Tout d’abord, nous interroger si nous avons des griefs envers nous-mêmes. Savons-nous nous pardonner ? Ou au contraire, la culpabilité et la colère ont-elles envahi notre cœur ? Dans quels domaines avons-nous encore de l’animosité contre nous ?

Ensuite, nous demander si nous avons bien pardonné à notre entourage privé et professionnel du passé et du présent. Car garder de l’amertume envers autrui est un véritable poison pour notre âme. Après tout, est-ce vraiment grave les actions portées contre nous ou est-ce notre égo qui nous donne raison ?  Toutefois, pardonner pour avoir un soi-disant de paix est contre- productif car le pardon est libérateur, seulement s’il est sincèrement effectué.

Puis, prendre la décision de renforcer notre estime de soi par des exercices libérateurs.

Pour terminer, lorsque nous nous retrouvons face avec nous-mêmes, nous occuper de nous qui prouve l’amour envers soi et notre indépendance pour vivre heureuses.

Conclusion.

Apprivoiser la blessure d’abandon est synonyme d’une vie d’autonomie et d’indépendance avec des liens sains dans chacune de nos relations y compris avec soi.

En refusant de nous délivrer de ce fardeau d’enfance, nous restons dans la dépendance affective, la manipulation et la victimisation.

Ces états entraînent obligatoirement des rencontres de même nature que notre être intérieur voire des relations toxiques.

 Autrement dit, si nous refusons d’effectuer ce travail thérapeutique, la Vie se chargera de nous apprendre à gérer parfois douloureusement ces souffrances par des situations d’abandon répétées.

Débora De Nicolle, auteur du livre « La victoire de Clarine sur le manipulateur pervers narcissique ». Chaîne You Tube : https://www.youtube.com/channel/UCQmaRLMGiYIrSTbJ4H6mfSQ

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